Être Enceinte Au Japon

Bonjour à tous,

Voilà je vais vous raconter un peu mon histoire personnelle, j’ai débarqué au Japon en décembre 2016 enceinte de 7 mois, mon terme étant prévu pour la mi-mars. Mon mari est japonais et du coup après des mois d’attente et des navettes entre la France et le Japon j’ai enfin pu le rejoindre à Tokyo. J’ai passé une partie de ma grossesse en France et la fin au Japon.

Cet article a pour but de vous renseigner sur le déroulement de ma grossesse au Japon ainsi que les petites différences en comparaison avec la France. Je prévois d’écrire d’autres articles plus spécifiques sur l’accouchement (partie 2), le séjour à la maternité et le retour à la maison (partie 3).

Je précise que je ne parle pas du tout japonais et que c’est mon mari qui a fait office de traducteur pour toutes les démarches.

Petite information, au Japon la grossesse dure 10 mois, on compte en fait le début des dernières règles comme le début de la grossesse.

Pour le vol jusqu’au Japon, j’ai pris un vol direct Paris-Tokyo avec Air France. Pas de problème ils acceptent les femmes enceintes même à neuf mois de grossesse, il n’y a pas de limite.

Voici donc les étapes par lesquelles je suis passées :

L’enregistrement à la mairie

Le choix de la maternité

Les rendez-vous à la maternité

Le cours pour les futurs parents

Le plan de naissance

Les frais

1) Enregistrement à la mairie

Lorsque je suis arrivée au Japon la première démarche administrative que j’ai faite est d’enregistrer ma grossesse auprès de ma mairie (Itabashi – en banlieue de Tokyo), ainsi on m’a alors remis deux carnets l’un en version japonaise et l’autre en version anglaise. Il s’agit en fait d’un carnet de santé à la fois pour la future maman et pour le bébé qui le suivra tout au long de son enfance.

 

J’ai également reçu des coupons permettant d’obtenir une réduction sur les honoraires des médecins car la grossesse n’est pas prise en charge par la sécurité sociale japonaise. C’est un carnet avec plusieurs feuillets qu’on rempli et qu’on donne à la maternité à chaque consultation.

Coupon de réduction offert par la Mairie pour la grossesse
Coupon de réduction offert par la Mairie pour la grossesse

On m’a aussi remis de la documentation sur la grossesse qui sont en japonais mais utiles.

Guides sur la grossesse et les bébés au Japon offerts par la Mairie
Guides offerts par la Mairie

Par ailleurs, ma ville offre un cadeau au choix pour la naissance du bééb et nous avons décidé de prendre le set complet pour le repas.

Set repas bébé Japon
Set complet de bébé pour le repas de la part de la mairie. Ils sont pas mignons ces petits élans?

Enfin, on m’a également donné un badge à accrocher à mon sac sur lequel est écrit お中に赤ちゃんがいます (j’ai un bébé à l’intérieur) destiné à informer les gens que je suis enceinte et à les encourager à notamment me céder leur place dans les transports.

Badge annonçant la grossesse remis par la mairie
Badge annonçant la grossesse remis par la mairie

Est-ce que cela a marché? Quelques fois mais pas souvent. Après l’avantage c’est qu’il y a des sièges réservés dans le métro et je n’avais pas de scrupule à m’y asseoir arborant fièrement mon badge! En comparaison à Paris on m’a quand même assez souvent laissé la place dans le métro où le bus quand j’y vivais. On maudit toujours les parisiens mais en fait ils sont plutôt sympas!

2) Choix de la maternité

Une question cruciale a été de choisir une maternité sur Tokyo. Comment faire? Je souhaitais qu’il y ait du personnel qui parle anglais un minimum et qui ait l’habitude des étrangers. En outre je voulais la péridurale pour l’accouchement et c’est assez rare au Japon ! Oui j’ai été étonnée, je pensais que c’était courant à peu près partout mais non ici ce n’est pas le cas. D’abord parce que cela coûte cher, ensuite car il y a toujours un peu cette idée qu’une femme doit souffrir pendant l’accouchement afin d’être plus proche de son enfant. Je pense également que la péridurale a mauvaise presse car, comme tout traitement, elle a des effets secondaires.

J’ai donc choisi Seibo International Catholic Hospital à Shinjuku car cet hôpital est, comme son nom l’indique, international, offre la péridurale et c’est celui le plus proche de chez moi. Il s’agit également d’un hôpital catholique. Des soeurs y travaillent et font également office de traductrices au besoin.  J’ai aussi lu quelques avis d’internautes intéressants qui m’ont confortée dans mon choix.

Seibo international hospital extérieurs
Seibo international hospital extérieurs

Du coup mon mari a réservé une place avant même que je n’arrive au Japon, c’est comme en France plus tôt on réserve mieux c’est.

3) Les rendez-vous à la maternité

J’ai effectué ma première visite le lundi suivant mon arrivée à la mi-décembre.

Il faut alors se peser soi-même, prendre sa tension soi-même et effectuer un test urinaire soi-même à l’aide d’appareils mis à disposition, ensuite on reporte tout dans le carnet de grossesse.

Un petit pipi dans le gobelet! (image prise par Seibo hospital)

Concernant la prise de poids j’avais entendu dire que les médecins japonais sont assez tatillons là-dessus mais je n’ai pas eu de remarques sur le sujet (et pourtant j’ai pris beaucoup!).

Ensuite, on rencontre une sage-femme avec qui on fait le bilan. Je lui ai parlé de tout le suivi fait en France ainsi que de tous les examens que j’avais déjà faits (échographies, tests pour la trisomie 21, dépistage de plusieurs maladies etc.). A noter que la toxoplasmose n’est pas un sujet ici alors qu’en France n’étant pas immunisée j’avais une prise de sang à faire tous les mois. Pareil pour la salmonellose, j’ai pu manger du poisson cru ici sans problème.

Du coup on m’a remis ma carte d’hôpital, de la documentation et le guide de la maternité en japonais et en anglais.

Couverture du guide de la maternité de Seibo International Hospital
Couverture du guide de la maternité de Seibo International Hospital

J’ai également acheté en plus un livre que Seibo édite sur la grossesse, l’accouchement et la manière de s’occuper de bébé.

Livre de la maternité de Seibo International Hospital sur la grossesse, l'accouchement et les soins à apporter au bébé
Livre de la maternité de Seibo International Hospital sur la grossesse, l’accouchement et les soins à apporter au bébé

Ensuite j’ai pu voir le gynécologue qui m’a auscultée et qui m’a fait une échographie. Une sage-femme m’a également mesuré le ventre. A chaque écho le médecin nous demande si l’on sait le sexe du bébé fin d’éviter de le révéler par inadvertance.

L’échographie à l’hôpital (image prise par Seibo hospital)

Ici on voit le gynéco à chaque visite, alors qu’en France j’avais choisi d’être suivie par une sage-femme. En outre je ne sais pas si c’est le cas de tous les hôpitaux mais ici j’ai attendu une éternité à chaque rendez-vous… Du coup pour la ponctualité «légendaire» des japonais on repassera! 😉

Toutes les visites se sont déroulées sur ce schéma, analyses à faire soi-même, rencontre avec la sage-femme et ensuite le gynécologue avec échographie à chaque fois. Les gynéco parlent en général anglais en revanche concernant les sages-femmes c’est plus aléatoire. Dans certains cas elles ont fait appel à des sœurs traductrices en français ou en anglais (j’y ai eu recours lorsque je suis allée à la maternité sans mon mari). A chaque fois on attend dans une grande salle avec les autres patientes et on nous appelle lorsque c’est notre tour.

La consultation avec la sage-femme (image prise par Seibo hospital)

J’ai trouvé que la partie examen avec le gynéco assez rapide. D’ailleurs beaucoup de femmes sont convoquées en même temps et du coup c’est un peu la chaîne. Ce n’est pas comme en France où on voit juste la sage-femme qui est a peu près à l’heure, qui vous emmène dans une salle privative et avec qui vous faites tous les examens. Ici c’est comme à l’américaine, lorsque vous voyez la sage-femme c’est au milieu d’une grande salle avec d’autres patientes autour. Pour les examens gynéco se sont des sortes de « boxes » où l’on examinée entourée de rideaux. Bref il y a un petit manque d’intimité, mais au final ma grossesse se déroulant bien cela ne m’a pas plus gênée à ce moment là.

A partir de janvier j’avais rendez-vous tous les 15 jours puis toutes les semaines en février.

J’ai eu quelques tests sanguins à faire, notamment pour la péridurale afin de vérifier si je pouvais la supporter et si mon sang coagulait bien.

J’ai également effectué un frottis à 9 mois afin de voir si j’étais porteuse du streptocoque B, mais non rien à signaler, c’est exactement comme en France.

ありがとうございます! Merci beaucoup!

J’ai aussi effectué un test pour le diabète afin de vérifier le taux de sucre dans le sang. En France il n’y en a qu’un c’est le test d’ O Sullivan mais au Japon on fait passer un autre test avant. Du coup, sans être à jeûn, on m’a demandé de boire une petite bouteille d’eau pétillante bien sucrée et on a vérifié mon taux de glucose dans mon sang une heure après. Les résultats étant bons je n’ai pas eu besoin de passer le test d’O Sullivan qui est plus contraignant.

4) Cours pour les futurs parents – parent’s class

Mon mari et moi avons assisté à un cours de «parentalité». Ce cours est obligatoire si le papa désire assister à la naissance et on lui remet un certificat prouvant qu’il l’a bien suivi.

Dans ce cours, les sages-femmes abordent le déroulement de l’accouchement et de la naissance, les moyens de supporter la douleur et comment appréhender ensuite le retour à la maison.

Image du guide de la fondation Boshieiseikenkyukai

On a aussi participé à des mini-mises en situation avec d’autres futurs parents et mon mari a aussi pu essayer un faux ventre de femme enceinte, il a alors réalisé le poids que cela représentait ! On a également appris des techniques de massages à utiliser lors du travail.

Ce cours était pas mal du tout nous n’avons pas regretté d’y avoir été, et c’était plutôt sympa de parler avec d’autres parents.

4) Plan de naissance

J’ai pu établir un plan de naissance à la maternité avec les sages-femmes. Je voulais la péridurale, je ne voulais pas trop d’interventions (je ne voulais pas être déclenchée, pas d’épisiotomie ni de manœuvre de Kristeller qui est fortement déconseillée en France mais qui est courante au Japon).

Livre de Seibo sur la grossesse, l'accouchement et les soins de bébé
Livre de Seibo sur la grossesse, l’accouchement et les soins de bébé

Au final mes souhaits on globalement été respectés. Bon au final je peux vous dire je n’ai pas eu la péridurale que je souhaitais tant mais je vais vous reparler de cela dans une deuxième partie qui concerne plus spécifiquement mon accouchement.

5) Les Frais

Concernant les frais, la grossesse n’est pas prise en charge. Cependant les coupons de la mairie ont permis de réduire les frais d’honoraires.

Il donc tout payer et notamment les consultations et également les autres examens. Par exemple, le frottis de dépistage du streptocoque B a coûté 3200 yen et le test pour le diabète gestationnel a coûté 2000 yen.

D’autres tests, que je n’ai pas faits, sont également payants. Par exemple l’amniocentèse coûte  100 000 yen (C’est énorme!).

La parent’s class a coûté 3000 yen. La présence du papa pour l’accouchement est de 7000 yen (haha oui oui il faut payer pour ça!)

Quand on voit les frais engendrés, on se rend compte de la chance qu’on a en France d’avoir une prise en charge efficace de la part de la sécurité sociale.

***

Pour finir ma grossesse s’est très bien passée et pourtant il a fallu gérer énormément de choses avec mon déménagement au Japon. Côté physique, je n’ai pas eu trop de douleurs, j’arrivais à peu près à dormir et je n’ai eu aucune nausée. C’était presque le rêve !

J’espère que vous avez apprécié cet article et on se retrouve bientôt pour la partie 2 – accoucher au Japon!

A bientôt!