Accoucher au Japon

Last updated on 27/06/2017

Après vous avoir parlé de ma grossesse, il est temps d’aborder le fameux grand jour de l’accouchement!

Le début des contractions

C’est donc arrivé un dimanche, après une sieste et quelques courses j’ai ressenti des contractions qui se sont intensifiées de plus en plus.

J’ai pris alors deux spasfon pour voir si cela passait et j’ai attendu ( on nous dit qu’il faut que les contractions soient espacées de 5 minutes). Au bout d’une heure cela ne passait pas mais elles étaient toutes les 15 minutes, du coup on a appelé l’hôpital qui nous a dit d’attendre encore 30 minutes pour être sûrs. Et oui 30 minutes après les contractions étaient toujours là.

On a donc rappelé la maternité qui nous a dit qu’on pouvait venir et on a appelé un taxi dans la foulée. Il faut savoir qu’au Japon ce n’est pas comme en France, appeler une ambulance est payant et ce n’est pas donné du tout (l’équivalent de 200/300 euros). Heureusement Seibo à un accord avec une compagnie de taxi qui prend les femmes en travail.  Le trajet à duré 30 minutes et au final on a payé 5000 yen. Arriver jusqu’au taxi a été difficile car je souffrais vraiment, mais ce n’était que le début!

L’arrivée à l’hôpital

On est arrivé à l’hôpital vers 21h45,  à l’accueil ce sont des agents de sécurité qui nous ont accueillis, car nous étions en dehors des heures ouvrables. On leur a montré le ticket de réservation de mon lit à la maternité ainsi que mon carnet de santé et hop on nous a dirigés vers le service d’obstétrique. Une sage-femme nous a reçu on lui a expliqué la situation et elle m’a alors installée pour faire un monitoring pour voir la régularité des contractions, cela devait durer 20 minutes mais au bout de 5 minutes grosse cata je me suis mise à vomir violemment et mon corps tremblait de partout. Du coup la sage-femme débarque et elle me dit que c’est bon il n’y a plus de doute le travail a bel et bien commencé.

Elle m’a alors emmenée dans une autre salle pour m’ausculter là, bonne nouvelle, elle me dit que je suis à 5 cm ! J’étais bien contente car j’avais bien douillé jusque là et je me suis dit enfin la moitié du chemin ! Ensuite on m’a installé en salle de travail, sous monitoring, où mon mari m’a rejoint. En fait c’est une immense salle où les lits sont séparés par des rideaux. J’étais seule cette nuit là, tant mieux car franchement je ne me serai pas sentie à l’aise avec d’autres personnes autour.

Le travail

Comme le travail avait bien commencé j’ai alors demandé à bénéficier de la péridurale car franchement j’avais déjà trop mal ! Et là c’est le drame… La sage-femme me dit que le dimanche dans la nuit il n’y a pas d’anesthésiste et que je ne l’aurais pas… Et là, je me suis décomposée, dans ma tête je me suis dit « c’est pas possible ! Je n’y arriverais jamais », et la sage-femme me dit « mais ne vous inquiétez pas ça va aller » et moi dans ma tête je criais « non ça va pas aller, comment je vais faire !!!! ». J’ai demandé s’il n’y avait pas d’autre solutions, la sage-femme me dit que si, il y en a, mais que ce n’est pas le top car apparemment cela à un impact sur le bébé (J’ai vérifié et en France on peut donner de la morphine sans problème et apparemment l’effet sur le bébé est vraiment mineur…). Et là je sens une autre contraction et je me dis, tant pis pas le choix maintenant il faut faire avec.

Du coup je savais quand même que la respiration était la chose à la plus importante, j’ai bien géré tout le long mais vers la fin j’ai vraiment souffert !

Accouchement - position sur le côté
Accouchement – position sur le côté

L’avantage de ne pas avoir de péridurale est qu’on bouger comme on veut. Je ne pouvais pas me tenir debout car mes jambes tremblaient mais j’ai pu m’allonger sur le côté et me retourner au besoin. Lors de mon séjour j’ai d’ailleurs vu des femmes déambuler dans les couloirs de la maternité pendant le travail sans problème.

La délivrance

Ensuite est venu le moment de la délivrance proprement dite, le bébé a alors entamé sa descente. A ce moment là il était minuit environ.

Il s’agit de la partie la plus douloureuse. Le reste c’était rien à côté. J’ai crié hein, je pense que tout l’hôpital m’a entendue !

Cela a duré assez longtemps et du coup la petite ne sortait pas et son rythme cardiaque et l’oxygène ont commencé à baisser, la  sage-femme a alors préconisé de faire une épisiotomie (elle était totalement justifiée dans ce cas précis). Le médecin est arrivé, il m’a fait une anesthésie locale et hop l’épiso, je n’ai absolument rien senti. Et là quelques minutes après ma fille est née ! Quel souvenir mémorable! Je revois encore sa petite bouille ;-)!

Kangaroo care - Peau à peau
Kangaroo care – Peau à peau

Puis hors de mon champ de vision la sage-femme a vidé les poumons et j’ai ensuite entendue ma fille crier. On me l’a ensuite brièvement présentée mais on l’a tout de suite emmenée à côté pour les premiers examens en raison de la baisse d’oxygène qu’elle a enduré. En fait cela se passait dans la même pièce à un mètre de moi et mon mari était à côté d’elle. Moi on m’a fait sortir le placenta et on m’a recousue et je n’ai toujours rien senti. Parfait!

Ensuite on m’a indiqué que les examens allaient de poursuivre sur la petite et que dès tout irait bien on me l’amènerait.

Juste après la naissance

Du coup je suis retournée en salle de travail avec mon mari, je suis restée sous surveillance pour vérifier si tout allait bien  La petite est née à une heure une du matin et ensuite j’ai un peu perdu la notion du temps après.

Kangaroo care - peau à peau
Bébé bien entouré

Je sais que je suis restée en bas un moment et ensuite on m’a emmené ma petite car tout allait bien, j’ai essayé de faire la tétée de bienvenue mais sans succès elle n’a pas voulu. En fait elle avait avalé beaucoup de liquide amniotique et vomissais beaucoup ce qui l’empêchait de bien téter. Du coup elle a été en nursery le reste de la nuit et moi je suis montée dans ma chambre vers 4 heures du matin. Comme je n’ai pas eu la péridurale, on a finalement choisi une chambre individuelle (au départ je devais avoir la péri et être en chambre partagée). Je l’ai bien mérité, je crois ! Du coup mon mari est rentré chez nous se reposer un peu et a promis de repasser l’après-midi.

 

Donc je suis arrivée à la maternité vers 21 h 30 et j’ai accouché à 1 heure du matin, les sages-femmes étaient impressionnées que ce soit si rapide pour un premier bébé. Finalement moi aussi j’ai apprécié ! Surtout sans péridurale, je ne peux pas imaginer ce que ce doit être si cela dure vraiment longtemps ! Je crois que je pourrais écrire un article entier sur l’accouchement sans péri maintenant. En tout cas j’ai une sorte de petite fierté d’avoir réussi à le faire moi qui avait tellement peur de l’accouchement et surtout de la douleur ! Finalement on peut y arriver!

Bébé couffin dessin
Bébé dans son couffin

La salle d’accouchement

Imaginer bébé
Je t’imagine mon petit cœur!

J’ai apprécié la salle car c’était vraiment une ambiance intimiste. La sage-femme a mis un CD de musique relaxante c’était agréable. Ensuite les lumières étaient tamisées ce qui m’a évitée d’être trop éblouie, elles ont juste été rallumées au moment de la délivrance proprement dite. J’ai aussi apprécié le fait qu’il y ait peu de monde. En fait deux sages-femmes se sont occupées de moi tout le long du travail ainsi qu’avant et après et ensuite une autre est venue au moment de la naissance et le gynéco est venu et est reparti, je n’ai donc vu que 4 personnes ce qui est vraiment appréciable, on évite l’effet « hall de gare ».

J’ai vraiment aimé la présence de la sage-femme qui est restée avec moi pendant le travail, elle me faisait des massages du dos et me soutenait donc c’était top ! Après bien sûr, mon meilleur soutient ça a été mon mari qui est resté du début à la fin et franchement il a été formidable ! Jamais un mot de trop, juste ce qu’il fallait. Et c’était tellement émouvant de le voir tout attendri devant sa petite fille !

Conclusion

Pour conclure je dirais que cela a été une bonne expérience et je ne regrette pas (même sans péridurale!). Je savais que la prise en charge serait bonne au niveau médical et donc tout s’est bien passé.

Ah oui j’allais oublier, j’ai reçu un petit cadeau bonus, le cordon ombilical ! C’est la tradition de le garder au Japon !

Cordon ombilical
Cordon ombilical

Par la suite je vais vous raconter, dans une 3ème partie, le séjour à la maternité.

A bientôt !

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