Le séjour à la maternité

Le jour de l’accouchement

Après la naissance de ma fille je suis restée un moment en salle de travail et ensuite je suis montée dans ma chambre vers 4 heures du matin (ma fille est restée à la nursery en observation car elle vomissait beaucoup de liquide). Je suis restée au lit mais sans succès pour m’endormir.

Ensuite vers 7 heures une infirmière est venue prendre ma tension et vérifier comment j’allais.

Bracelets bébé et maman (image Seibo Hospital)
Bracelets bébé et maman (image Seibo Hospital)

Puis à 10 heures je suis descendue en nursery pour apprendre à allaiter la petite et à  changer les couches comme il faut. Elle avait du mal à prendre le sein, à cause de ça ma fille a perdu plus de 7% de son poids, du coup on a été obligé de lui donner des compléments au biberon.

Il faut savoir qu’au Japon la grande la majorité des mamans allaitent leurs bébés et d’ailleurs tout le staff médical est très pro-allaitement. Du coup les sages-femmes conseillent bien et m’ont bien aidées car au final ce n’est pas si évident ! Au début j’avais très mal, et je souffrais à chaque fois mais avec un peu de persévérance (et de la lanoline !) tout s’est arrangé.

J’ai pu ensuite avoir ma fille avec moi dans l’après-midi qui a suivi.

L’organisation des journées 

Les journées étaient rythmées comme ceci :

  • 6 Heures prise de température du bébé, pesée du bébé ainsi que changement de vêtements. Les bébés sont habillés en kimono, assez pratique pour changer la couche !
La pesée de bébé
La pesée de bébé (image Seibo hospital)
  • Tétée, les bébés doivent manger toutes les 3 heures et il faut les réveiller s’ils dorment. Ici rien de neuf, en France c’est la même chose. Les infirmières viennent vous réveiller pour se faire mais ça va, elles viennent en douceur avec une lampe de poche!

On doit remplir une sorte de carnet de bord où tous les évènements liés au bébé sont notés. Du coup il faut marquer les heures des repas, les pipis, les cacas, les vomis…

Comme ma fille avait perdu beaucoup de poids, tous les matins elle devait subir une « prise de sang » pour vérifier son taux de sucre dans le sang. En fait ils prélèvent un peu de sang au niveau du talon et à chaque fois les résultats étaient bon.

  • 7 heures petit-déjeuner. Les repas ici sont plutôt bons. On nous demande si l’on veut des repas à l’occidental ou à la japonaise, pour ma part j’ai choisi à la japonaise. Il faut savoir quand même que les repas sont ultra light. En fait ils sont un peu obsédés par le poids (même si comme je l’ai dit dans mon précédent article je n’ai pas eu de remarques particulières à ce sujet) du coup il faut que les femmes maigrissent après l’accouchement. Heureusement mon mari, qui est un amour, m’a ramené du fromage (ouais un bon vieux camembert et du kiri !), du miel et du pain que j’ai pu grignoter (ben quoi il fallait bien que je me remette de tout ça non ?)
Repas à Seibo Hospital
Repas à Seibo Hospital
  • Ensuite à 9 heures 30 une sage-femme vient nous demander comment s’est passé la nuit, elle prends la tension et nous demande combien de fois on a été aux toilettes etc. Ici on a une sage-femme attitrée par jour, du coup toute la journée c’est la même que l’on voit et cela change tous les jours.C’est pas mal, là encore on évite d’avoir à faire avec une foule de personnes!

Elle vérifie ensuite si le bébé n’a pas la jaunisse grâce à un appareil électronique qu’elle place sur le front du bébé. Ce n’est pas douloureux et cela dure 10 secondes à peine ! J’ai aussi eu des examens sanguins ainsi que d’urine à faire mais une seule fois dans la semaine.

  • A 10 heures le médecin vient pour un examen (ce n’était pas celui qui m’avait suivie pendant ma grossesse). Autant dire que ça prend 30 secondes, il se contente de toucher le ventre et hop il est parti. J’ai été étonnée par l’âge du gynéco, il devait avoir au moins 90 ans ! Mais bon je pense que c’est habituel ici !
Déjeuner à Seibo Hospital
Déjeuner à Seibo Hospital
  • Ensuite 12 h le déjeuner.Comme expliqué plus haut, repas plutôt bon!
  • 15 h Le goûter

Hé quand même! Il s’agissait souvent d’un petit gâteau avec du thé (café si on a choisi le menu à l’occidentale).

Goûter, haricots rouge et konjac
Goûter, haricots rouges et konjac
  • 18 h le dîner

– Les visites sont autorisées de 14 heures à 20 heures. Du coup mon mari a pris deux journées et passait le soir après le travail.

Repas de gala

Le jeudi il y a eu ce qu’ils appellent le « celebration meal » en fait il s’agit de déjeuner avec les mamans qui ont accouché le même jour. C’était très sympa ! Nous étions 4 (et heureusement certaines parlaient anglais). Du coup j’ai pu apprendre qu’elles avaient toutes 3 enfants déjà, j’étais étonnée car je les trouvais jeunes ! Elles disaient aussi que ce n’était pas forcément évident avec leurs maris car ils travaillent tous très tard le soir et rentrent vers une heure du matin ! Je suis chanceuse sur ce point là.

Celebration meal à Seibo hospital Japan
Celebration meal à Seibo

Par ailleurs au Japon le premier mois qui suit l’accouchement, la nouvelle maman est toujours aidée par sa mère qui s’occupe de tout dans la maison. Du coup moi je leur ai expliqué que ben non j’allais rester seule, du coup elles étaient un peu surprises et m’ont souhaité bon courage ! Elles ont aussi discuté des places en crèches qui sont rares au Japon. Elles m’ont aussi posé des questions, d’où je venais, ce que je faisais ici etc. J’en garde un très bon souvenir.

Le vendredi j’ai également appris à donner le bain.

Infirmière Seibo hospital Japan bain
Démonstration du bain de bébé

En fait il s’agit juste d’une démonstration d’une sage-femme qui le fait sur un bébé, j’ai regretté qu’on ne puisse pas le faire chacune avec notre bébé.

On a également la possibilité d’assister à un office religieux pour faire bénir le bébé par un prêtre dans la chapelle dédiée à cet effet.

médaille Seibo hospital
Médaille de la Vierge Marie reçu après la cérénomie

Je ne suis pas catholique mais je l’ai quand même fait et finalement c’était émouvant.

Le personnel

Le personnel était sympa mais j’ai quand même des problèmes de communication avec certaines sages-femmes qui ne parlaient pas du tout anglais. J’ai été un peu déçue là-dessus car Seibo est un hôpital international donc je m’attendais à ce que tout le monde parle plus ou moins anglais. Du coup certaines fois impossible de raconter les problèmes que je rencontrais.  Je suis juste tombée une fois sur une sage-femme parlant anglais et là c’était vraiment le changement, j’ai pu discuter un peu plus et poser toutes les questions que je voulais. Le dernier jour également j’ai reçu des instructions pour le retour à la maison est une sœur (Seibo est un hôpital catholique) est venue pour me traduire le tout en français ce qui était appréciable!

Mais sinon en général je dirais que c’est un bon hôpital, en dehors de ça, le personnel est agréable.

La chambre

Comme je l’ai déjà précédemment expliqué dans mon autre article il y a des chambres collectives à quatre lits ou des chambres individuelles.

Les chambres collectives disposent de quatre lits entourés de rideaux pour un peu d’intimité. Les visites se font dans une pièce commune où il y a plusieurs tables ainsi que des distributeurs de boisson.

Les chambres individuelles sont divisées en trois groupes celles sans douche et sans toilettes, celles avec toilettes sans douche et celle avec douche et toilettes. Il va s’en dire que le tarif n’est pas le même en fonction du confort. Mon mari et moi avons choisi la chambre intermédiaire avec les toilettes mais sans douche.

Seibo international hospital -maternité- chambre partagée
Seibo international hospital -maternité- chambre partagée

La chambre était assez spacieuse avec un lit confortable. Il y avait également une table, une tv, une armoire, un meuble qui ferme à clé et un frigo. La salle de bain était spacieuse aussi et propre. Je me suis sentie à l’aise et je n’ai pas grand-chose à reprocher si ce n’est la chaleur. En effet le chauffage était réglé sur 25 degrés et il faisait vraiment super chaud. Les douches communes étaient un peu vieillottes mais sinon pas de problème.

En cas de besoin il est possible de laisser bébé plusieurs heures à la nursery ou toute la nuit si besoin.

Petit bonus, on nous à offert un kimono sérigraphié du nom de l’hôpital, plutôt sympa !

Kimono pour bébé de Seibo Hospital
Kimono pour bébé de Seibo Hospital

Le dernier jour mon bébé a été vu par un pédiatre afin de s’assurer qu’elle était assez en forme pour sortir et moi aussi j’ai vu le gynéco mais là aussi c’était super rapide ! Mais bon je n’avais qu’une hâte, rentrer avec la petite !

Je suis restée à la maternité du dimanche soir au samedi matin, c’est la norme au Japon où l’ont reste 5/6 jours en général.

Parlons de gros sous maintenant…

Au Japon la grossesse n’est pas couverte pas l’assurance maladie du coup il faut tout payer de sa poche.

Il faut savoir que beaucoup de « prestations » sont payantes.

Je voulais la péridurale et du coup il fallait ajouter 1000 yens environ pour la note. La chambre individuelle est aussi payante.

Pour moi j’ai payé presque 368, 800 yen (à peu près 3000 euros), non remboursables.

Ce qui coûte le plus bien sûr c’est l’accouchement en lui-même (frais qui ont été majorés car j’ai accouché la nuit! Quelle blague!), ainsi ce qu’ils appellent les frais d’hospitalisation du bébé (c’est un peu vague!) et la chambre aussi qui est à 15,000 Yen par jour. Le reste concerne les repas, les frais d’analyse etc.

Pour la présence du papa en salle d’accouchement, il faut aussi payer 70 euros + 30 euros pour suivre une séance de préparation à la naissance obligatoire. Cela m’a choquée car pour moi c’était évident que mon mari serait avec moi mais apparemment tout se paye!

 

Pour conclure

J’ai vraiment apprécié d’accoucher ici et je n’ai pas de regrets de ne pas l’avoir fait en France. J’ai l’impression qu’on a respecté mes souhaits lors de l’accouchement et j’en garde un très bon souvenir. Les infirmières et sage-femmes sont vraiment compétentes. Après certaines journées j’ai trouvé le temps long… C’est bien de rester 6 jours mais on s’ennuie un peu et surtout on a envie de rentrer vite à la maison! Ce dont je vais vous parler dans un prochain article!

 

J’espère que cela vous a plu!

A bientôt!

Accoucher au Japon

Après vous avoir parlé de ma grossesse, il est temps d’aborder le fameux grand jour de l’accouchement!

Le début des contractions

C’est donc arrivé un dimanche, après une sieste et quelques courses j’ai ressenti des contractions qui se sont intensifiées de plus en plus.

J’ai pris alors deux spasfon pour voir si cela passait et j’ai attendu ( on nous dit qu’il faut que les contractions soient espacées de 5 minutes). Au bout d’une heure cela ne passait pas mais elles étaient toutes les 15 minutes, du coup on a appelé l’hôpital qui nous a dit d’attendre encore 30 minutes pour être sûrs. Et oui 30 minutes après les contractions étaient toujours là.

On a donc rappelé la maternité qui nous a dit qu’on pouvait venir et on a appelé un taxi dans la foulée. Il faut savoir qu’au Japon ce n’est pas comme en France, appeler une ambulance est payant et ce n’est pas donné du tout (l’équivalent de 200/300 euros). Heureusement Seibo à un accord avec une compagnie de taxi qui prend les femmes en travail.  Le trajet à duré 30 minutes et au final on a payé 5000 yen. Arriver jusqu’au taxi a été difficile car je souffrais vraiment, mais ce n’était que le début!

L’arrivée à l’hôpital

On est arrivé à l’hôpital vers 21h45,  à l’accueil ce sont des agents de sécurité qui nous ont accueillis, car nous étions en dehors des heures ouvrables. On leur a montré le ticket de réservation de mon lit à la maternité ainsi que mon carnet de santé et hop on nous a dirigés vers le service d’obstétrique. Une sage-femme nous a reçu on lui a expliqué la situation et elle m’a alors installée pour faire un monitoring pour voir la régularité des contractions, cela devait durer 20 minutes mais au bout de 5 minutes grosse cata je me suis mise à vomir violemment et mon corps tremblait de partout. Du coup la sage-femme débarque et elle me dit que c’est bon il n’y a plus de doute le travail a bel et bien commencé.

Elle m’a alors emmenée dans une autre salle pour m’ausculter là, bonne nouvelle, elle me dit que je suis à 5 cm ! J’étais bien contente car j’avais bien douillé jusque là et je me suis dit enfin la moitié du chemin ! Ensuite on m’a installé en salle de travail, sous monitoring, où mon mari m’a rejoint. En fait c’est une immense salle où les lits sont séparés par des rideaux. J’étais seule cette nuit là, tant mieux car franchement je ne me serai pas sentie à l’aise avec d’autres personnes autour.

Le travail

Comme le travail avait bien commencé j’ai alors demandé à bénéficier de la péridurale car franchement j’avais déjà trop mal ! Et là c’est le drame… La sage-femme me dit que le dimanche dans la nuit il n’y a pas d’anesthésiste et que je ne l’aurais pas… Et là, je me suis décomposée, dans ma tête je me suis dit « c’est pas possible ! Je n’y arriverais jamais », et la sage-femme me dit « mais ne vous inquiétez pas ça va aller » et moi dans ma tête je criais « non ça va pas aller, comment je vais faire !!!! ». J’ai demandé s’il n’y avait pas d’autre solutions, la sage-femme me dit que si, il y en a, mais que ce n’est pas le top car apparemment cela à un impact sur le bébé (J’ai vérifié et en France on peut donner de la morphine sans problème et apparemment l’effet sur le bébé est vraiment mineur…). Et là je sens une autre contraction et je me dis, tant pis pas le choix maintenant il faut faire avec.

Du coup je savais quand même que la respiration était la chose à la plus importante, j’ai bien géré tout le long mais vers la fin j’ai vraiment souffert !

Accouchement - position sur le côté
Accouchement – position sur le côté

L’avantage de ne pas avoir de péridurale est qu’on bouger comme on veut. Je ne pouvais pas me tenir debout car mes jambes tremblaient mais j’ai pu m’allonger sur le côté et me retourner au besoin. Lors de mon séjour j’ai d’ailleurs vu des femmes déambuler dans les couloirs de la maternité pendant le travail sans problème.

La délivrance

Ensuite est venu le moment de la délivrance proprement dite, le bébé a alors entamé sa descente. A ce moment là il était minuit environ.

Il s’agit de la partie la plus douloureuse. Le reste c’était rien à côté. J’ai crié hein, je pense que tout l’hôpital m’a entendue !

Cela a duré assez longtemps et du coup la petite ne sortait pas et son rythme cardiaque et l’oxygène ont commencé à baisser, la  sage-femme a alors préconisé de faire une épisiotomie (elle était totalement justifiée dans ce cas précis). Le médecin est arrivé, il m’a fait une anesthésie locale et hop l’épiso, je n’ai absolument rien senti. Et là quelques minutes après ma fille est née ! Quel souvenir mémorable! Je revois encore sa petite bouille ;-)!

Kangaroo care - Peau à peau
Kangaroo care – Peau à peau

Puis hors de mon champ de vision la sage-femme a vidé les poumons et j’ai ensuite entendue ma fille crier. On me l’a ensuite brièvement présentée mais on l’a tout de suite emmenée à côté pour les premiers examens en raison de la baisse d’oxygène qu’elle a enduré. En fait cela se passait dans la même pièce à un mètre de moi et mon mari était à côté d’elle. Moi on m’a fait sortir le placenta et on m’a recousue et je n’ai toujours rien senti. Parfait!

Ensuite on m’a indiqué que les examens allaient de poursuivre sur la petite et que dès tout irait bien on me l’amènerait.

Juste après la naissance

Du coup je suis retournée en salle de travail avec mon mari, je suis restée sous surveillance pour vérifier si tout allait bien  La petite est née à une heure une du matin et ensuite j’ai un peu perdu la notion du temps après.

Kangaroo care - peau à peau
Bébé bien entouré

Je sais que je suis restée en bas un moment et ensuite on m’a emmené ma petite car tout allait bien, j’ai essayé de faire la tétée de bienvenue mais sans succès elle n’a pas voulu. En fait elle avait avalé beaucoup de liquide amniotique et vomissais beaucoup ce qui l’empêchait de bien téter. Du coup elle a été en nursery le reste de la nuit et moi je suis montée dans ma chambre vers 4 heures du matin. Comme je n’ai pas eu la péridurale, on a finalement choisi une chambre individuelle (au départ je devais avoir la péri et être en chambre partagée). Je l’ai bien mérité, je crois ! Du coup mon mari est rentré chez nous se reposer un peu et a promis de repasser l’après-midi.

 

Donc je suis arrivée à la maternité vers 21 h 30 et j’ai accouché à 1 heure du matin, les sages-femmes étaient impressionnées que ce soit si rapide pour un premier bébé. Finalement moi aussi j’ai apprécié ! Surtout sans péridurale, je ne peux pas imaginer ce que ce doit être si cela dure vraiment longtemps ! Je crois que je pourrais écrire un article entier sur l’accouchement sans péri maintenant. En tout cas j’ai une sorte de petite fierté d’avoir réussi à le faire moi qui avait tellement peur de l’accouchement et surtout de la douleur ! Finalement on peut y arriver!

Bébé couffin dessin
Bébé dans son couffin

La salle d’accouchement

Imaginer bébé
Je t’imagine mon petit cœur!

J’ai apprécié la salle car c’était vraiment une ambiance intimiste. La sage-femme a mis un CD de musique relaxante c’était agréable. Ensuite les lumières étaient tamisées ce qui m’a évitée d’être trop éblouie, elles ont juste été rallumées au moment de la délivrance proprement dite. J’ai aussi apprécié le fait qu’il y ait peu de monde. En fait deux sages-femmes se sont occupées de moi tout le long du travail ainsi qu’avant et après et ensuite une autre est venue au moment de la naissance et le gynéco est venu et est reparti, je n’ai donc vu que 4 personnes ce qui est vraiment appréciable, on évite l’effet « hall de gare ».

J’ai vraiment aimé la présence de la sage-femme qui est restée avec moi pendant le travail, elle me faisait des massages du dos et me soutenait donc c’était top ! Après bien sûr, mon meilleur soutient ça a été mon mari qui est resté du début à la fin et franchement il a été formidable ! Jamais un mot de trop, juste ce qu’il fallait. Et c’était tellement émouvant de le voir tout attendri devant sa petite fille !

Conclusion

Pour conclure je dirais que cela a été une bonne expérience et je ne regrette pas (même sans péridurale!). Je savais que la prise en charge serait bonne au niveau médical et donc tout s’est bien passé.

Ah oui j’allais oublier, j’ai reçu un petit cadeau bonus, le cordon ombilical ! C’est la tradition de le garder au Japon !

Cordon ombilical
Cordon ombilical

Par la suite je vais vous raconter, dans une 3ème partie, le séjour à la maternité.

A bientôt !

Être Enceinte Au Japon

Bonjour à tous,

Voilà je vais vous raconter un peu mon histoire personnelle, j’ai débarqué au Japon en décembre 2016 enceinte de 7 mois, mon terme étant prévu pour la mi-mars. Mon mari est japonais et du coup après des mois d’attente et des navettes entre la France et le Japon j’ai enfin pu le rejoindre à Tokyo. J’ai passé une partie de ma grossesse en France et la fin au Japon.

Cet article a pour but de vous renseigner sur le déroulement de ma grossesse au Japon ainsi que les petites différences en comparaison avec la France. Je prévois d’écrire d’autres articles plus spécifiques sur l’accouchement (partie 2), le séjour à la maternité et le retour à la maison (partie 3).

Je précise que je ne parle pas du tout japonais et que c’est mon mari qui a fait office de traducteur pour toutes les démarches.

Petite information, au Japon la grossesse dure 10 mois, on compte en fait le début des dernières règles comme le début de la grossesse.

Pour le vol jusqu’au Japon, j’ai pris un vol direct Paris-Tokyo avec Air France. Pas de problème ils acceptent les femmes enceintes même à neuf mois de grossesse, il n’y a pas de limite.

Voici donc les étapes par lesquelles je suis passées :

L’enregistrement à la mairie

Le choix de la maternité

Les rendez-vous à la maternité

Le cours pour les futurs parents

Le plan de naissance

Les frais

1) Enregistrement à la mairie

Lorsque je suis arrivée au Japon la première démarche administrative que j’ai faite est d’enregistrer ma grossesse auprès de ma mairie (Itabashi – en banlieue de Tokyo), ainsi on m’a alors remis deux carnets l’un en version japonaise et l’autre en version anglaise. Il s’agit en fait d’un carnet de santé à la fois pour la future maman et pour le bébé qui le suivra tout au long de son enfance.

 

J’ai également reçu des coupons permettant d’obtenir une réduction sur les honoraires des médecins car la grossesse n’est pas prise en charge par la sécurité sociale japonaise. C’est un carnet avec plusieurs feuillets qu’on rempli et qu’on donne à la maternité à chaque consultation.

Coupon de réduction offert par la Mairie pour la grossesse
Coupon de réduction offert par la Mairie pour la grossesse

On m’a aussi remis de la documentation sur la grossesse qui sont en japonais mais utiles.

Guides sur la grossesse et les bébés au Japon offerts par la Mairie
Guides offerts par la Mairie

Par ailleurs, ma ville offre un cadeau au choix pour la naissance du bééb et nous avons décidé de prendre le set complet pour le repas.

Set repas bébé Japon
Set complet de bébé pour le repas de la part de la mairie. Ils sont pas mignons ces petits élans?

Enfin, on m’a également donné un badge à accrocher à mon sac sur lequel est écrit お中に赤ちゃんがいます (j’ai un bébé à l’intérieur) destiné à informer les gens que je suis enceinte et à les encourager à notamment me céder leur place dans les transports.

Badge annonçant la grossesse remis par la mairie
Badge annonçant la grossesse remis par la mairie

Est-ce que cela a marché? Quelques fois mais pas souvent. Après l’avantage c’est qu’il y a des sièges réservés dans le métro et je n’avais pas de scrupule à m’y asseoir arborant fièrement mon badge! En comparaison à Paris on m’a quand même assez souvent laissé la place dans le métro où le bus quand j’y vivais. On maudit toujours les parisiens mais en fait ils sont plutôt sympas!

2) Choix de la maternité

Une question cruciale a été de choisir une maternité sur Tokyo. Comment faire? Je souhaitais qu’il y ait du personnel qui parle anglais un minimum et qui ait l’habitude des étrangers. En outre je voulais la péridurale pour l’accouchement et c’est assez rare au Japon ! Oui j’ai été étonnée, je pensais que c’était courant à peu près partout mais non ici ce n’est pas le cas. D’abord parce que cela coûte cher, ensuite car il y a toujours un peu cette idée qu’une femme doit souffrir pendant l’accouchement afin d’être plus proche de son enfant. Je pense également que la péridurale a mauvaise presse car, comme tout traitement, elle a des effets secondaires.

J’ai donc choisi Seibo International Catholic Hospital à Shinjuku car cet hôpital est, comme son nom l’indique, international, offre la péridurale et c’est celui le plus proche de chez moi. Il s’agit également d’un hôpital catholique. Des soeurs y travaillent et font également office de traductrices au besoin.  J’ai aussi lu quelques avis d’internautes intéressants qui m’ont confortée dans mon choix.

Seibo international hospital extérieurs
Seibo international hospital extérieurs

Du coup mon mari a réservé une place avant même que je n’arrive au Japon, c’est comme en France plus tôt on réserve mieux c’est.

3) Les rendez-vous à la maternité

J’ai effectué ma première visite le lundi suivant mon arrivée à la mi-décembre.

Il faut alors se peser soi-même, prendre sa tension soi-même et effectuer un test urinaire soi-même à l’aide d’appareils mis à disposition, ensuite on reporte tout dans le carnet de grossesse.

Un petit pipi dans le gobelet! (image prise par Seibo hospital)

Concernant la prise de poids j’avais entendu dire que les médecins japonais sont assez tatillons là-dessus mais je n’ai pas eu de remarques sur le sujet (et pourtant j’ai pris beaucoup!).

Ensuite, on rencontre une sage-femme avec qui on fait le bilan. Je lui ai parlé de tout le suivi fait en France ainsi que de tous les examens que j’avais déjà faits (échographies, tests pour la trisomie 21, dépistage de plusieurs maladies etc.). A noter que la toxoplasmose n’est pas un sujet ici alors qu’en France n’étant pas immunisée j’avais une prise de sang à faire tous les mois. Pareil pour la salmonellose, j’ai pu manger du poisson cru ici sans problème.

Du coup on m’a remis ma carte d’hôpital, de la documentation et le guide de la maternité en japonais et en anglais.

Couverture du guide de la maternité de Seibo International Hospital
Couverture du guide de la maternité de Seibo International Hospital

J’ai également acheté en plus un livre que Seibo édite sur la grossesse, l’accouchement et la manière de s’occuper de bébé.

Livre de la maternité de Seibo International Hospital sur la grossesse, l'accouchement et les soins à apporter au bébé
Livre de la maternité de Seibo International Hospital sur la grossesse, l’accouchement et les soins à apporter au bébé

Ensuite j’ai pu voir le gynécologue qui m’a auscultée et qui m’a fait une échographie. Une sage-femme m’a également mesuré le ventre. A chaque écho le médecin nous demande si l’on sait le sexe du bébé fin d’éviter de le révéler par inadvertance.

L’échographie à l’hôpital (image prise par Seibo hospital)

Ici on voit le gynéco à chaque visite, alors qu’en France j’avais choisi d’être suivie par une sage-femme. En outre je ne sais pas si c’est le cas de tous les hôpitaux mais ici j’ai attendu une éternité à chaque rendez-vous… Du coup pour la ponctualité «légendaire» des japonais on repassera! 😉

Toutes les visites se sont déroulées sur ce schéma, analyses à faire soi-même, rencontre avec la sage-femme et ensuite le gynécologue avec échographie à chaque fois. Les gynéco parlent en général anglais en revanche concernant les sages-femmes c’est plus aléatoire. Dans certains cas elles ont fait appel à des sœurs traductrices en français ou en anglais (j’y ai eu recours lorsque je suis allée à la maternité sans mon mari). A chaque fois on attend dans une grande salle avec les autres patientes et on nous appelle lorsque c’est notre tour.

La consultation avec la sage-femme (image prise par Seibo hospital)

J’ai trouvé que la partie examen avec le gynéco assez rapide. D’ailleurs beaucoup de femmes sont convoquées en même temps et du coup c’est un peu la chaîne. Ce n’est pas comme en France où on voit juste la sage-femme qui est a peu près à l’heure, qui vous emmène dans une salle privative et avec qui vous faites tous les examens. Ici c’est comme à l’américaine, lorsque vous voyez la sage-femme c’est au milieu d’une grande salle avec d’autres patientes autour. Pour les examens gynéco se sont des sortes de « boxes » où l’on examinée entourée de rideaux. Bref il y a un petit manque d’intimité, mais au final ma grossesse se déroulant bien cela ne m’a pas plus gênée à ce moment là.

A partir de janvier j’avais rendez-vous tous les 15 jours puis toutes les semaines en février.

J’ai eu quelques tests sanguins à faire, notamment pour la péridurale afin de vérifier si je pouvais la supporter et si mon sang coagulait bien.

J’ai également effectué un frottis à 9 mois afin de voir si j’étais porteuse du streptocoque B, mais non rien à signaler, c’est exactement comme en France.

ありがとうございます! Merci beaucoup!

J’ai aussi effectué un test pour le diabète afin de vérifier le taux de sucre dans le sang. En France il n’y en a qu’un c’est le test d’ O Sullivan mais au Japon on fait passer un autre test avant. Du coup, sans être à jeûn, on m’a demandé de boire une petite bouteille d’eau pétillante bien sucrée et on a vérifié mon taux de glucose dans mon sang une heure après. Les résultats étant bons je n’ai pas eu besoin de passer le test d’O Sullivan qui est plus contraignant.

4) Cours pour les futurs parents – parent’s class

Mon mari et moi avons assisté à un cours de «parentalité». Ce cours est obligatoire si le papa désire assister à la naissance et on lui remet un certificat prouvant qu’il l’a bien suivi.

Dans ce cours, les sages-femmes abordent le déroulement de l’accouchement et de la naissance, les moyens de supporter la douleur et comment appréhender ensuite le retour à la maison.

Image du guide de la fondation Boshieiseikenkyukai

On a aussi participé à des mini-mises en situation avec d’autres futurs parents et mon mari a aussi pu essayer un faux ventre de femme enceinte, il a alors réalisé le poids que cela représentait ! On a également appris des techniques de massages à utiliser lors du travail.

Ce cours était pas mal du tout nous n’avons pas regretté d’y avoir été, et c’était plutôt sympa de parler avec d’autres parents.

4) Plan de naissance

J’ai pu établir un plan de naissance à la maternité avec les sages-femmes. Je voulais la péridurale, je ne voulais pas trop d’interventions (je ne voulais pas être déclenchée, pas d’épisiotomie ni de manœuvre de Kristeller qui est fortement déconseillée en France mais qui est courante au Japon).

Livre de Seibo sur la grossesse, l'accouchement et les soins de bébé
Livre de Seibo sur la grossesse, l’accouchement et les soins de bébé

Au final mes souhaits on globalement été respectés. Bon au final je peux vous dire je n’ai pas eu la péridurale que je souhaitais tant mais je vais vous reparler de cela dans une deuxième partie qui concerne plus spécifiquement mon accouchement.

5) Les Frais

Concernant les frais, la grossesse n’est pas prise en charge. Cependant les coupons de la mairie ont permis de réduire les frais d’honoraires.

Il donc tout payer et notamment les consultations et également les autres examens. Par exemple, le frottis de dépistage du streptocoque B a coûté 3200 yen et le test pour le diabète gestationnel a coûté 2000 yen.

D’autres tests, que je n’ai pas faits, sont également payants. Par exemple l’amniocentèse coûte  100 000 yen (C’est énorme!).

La parent’s class a coûté 3000 yen. La présence du papa pour l’accouchement est de 7000 yen (haha oui oui il faut payer pour ça!)

Quand on voit les frais engendrés, on se rend compte de la chance qu’on a en France d’avoir une prise en charge efficace de la part de la sécurité sociale.

***

Pour finir ma grossesse s’est très bien passée et pourtant il a fallu gérer énormément de choses avec mon déménagement au Japon. Côté physique, je n’ai pas eu trop de douleurs, j’arrivais à peu près à dormir et je n’ai eu aucune nausée. C’était presque le rêve !

J’espère que vous avez apprécié cet article et on se retrouve bientôt pour la partie 2 – accoucher au Japon!

A bientôt!